D'UN BLOCAGE A L'AUTRE

Par Driss HAMRI

   IL est encore temps de sortir de cet engrenage qui m'est avis ne profite à personne, aussi bien à l'équipe dirigeante dont le potentiel de crédibilité tombe à un niveau tel que d'aucuns appellent à une intervention royale, ni à la population manifestante dont la grogne monte au rythme des exactions croissantes perpétrées sans ménagement, contre elle par les forces de l'ordre à Elhouceima, Imzourn et ailleurs. Il  est de ce fait, urgent, du moins pour les autorités en place, de renoncer à l'approche chirurgicale, mainte fois dénoncée sur ces colonnes, à laquelle elles avaient opté dès le début des protestations ; en faveur du principe de  tolérance, de souplesse morale et du réalisme politique à l'égard des revendications légitimes des manifestants.

     Ce blocage  qui n'en est pas un, fait suite à celui, souvenez-vous en! de la composition problématique du gouvernement ayant duré six mois jour pour jour. Ce blocage est devenu à mon sens une sorte de fatalité  frappant de plein fouet la nouvelle politique intérieure nationale, entamée depuis des mois. En effet, ce silence, empreint de dénigrement poussé à son paroxysme, face à un drame qui se déroule participe d'une attitude pour le moins irresponsable  et confuse qui consiste à laisser traîner les choses jusqu' à l'épuisement total tant attendu,ou en désespoir de cause ,envisager l'ultime solution, autrement dit, l'épreuve de force, à l'image de l'expérience égyptienne qui sert de référence à bien des régimes politiques arabes, et ce jusqu'à la reddition définitive, au prix d'un assez" beau"  saccage.

    Ces deux approches appliquées respectivement sur le terrain, bon gré malgré,  n 'ont pas abouti au succès escompté, du moins pour l'instant. Au contraire, la situation qui prévaut dans cette région du Rif ne cesse de s'empirer, en dégénérant en confrontation directes dont les conséquences risquent, à terme, de faire basculer selon la logique de contagion, tout le pays dans une escalade de guerre civile dont nul ne saurait prévoir l'issue. Des observateurs bien avertis ont d'ores et déjà tiré la sonnette d'alarme à seule fin d'éviter une éventuelle crise vers laquelle notre contexte si délicat et très particulier, est en passe d’évoluer.

    Il est fort à parier cependant que la voie du dialogue  reste la solution sine qua non; en commençant d'abord par la libération des détenus politiques liés au hirak comme le préconisent bien des leaders politiques en exercice ou en retraite. Contrairement à l'opinion en vogue dans le sérail gouvernemental, ceci n'ôterait en rien à l'autorité et au charisme de l'État tel qu’on le pense. Ce serait plutôt un acte courageux  que d'accepter de se mettre à table et débattre des différentes questions à l'ordre du jour, pour résoudre les problèmes dont souffrent cette région marocaine tant abandonnée...
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